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Thanksgiving en novembre me semble encore un peu étranger. Dans le « vrai nord, fort et libre », l'Action de grâce est célébrée début octobre, sans l'influence des chants de Noël et la menace de neige (habituellement). Mais je ne suis pas un cheval de cadeau dans la bouche. Si je dois fêter deux Thanksgiving et manger deux grands festivités, je suppose que ça va. Pendant les huit années que j'étais à l'école, je rentrais chez moi en octobre, puis chez un ami en novembre. Mais puisque ni mon frère ni moi ne sommes rentrés à la maison en octobre dernier, et qu'aucun de nous ne peut rentrer à la maison pour Noël, et que mon cousin se marie à Grand Rapids demain, tout le monde est descendu chez moi pour la dernière moitié de cette semaine pour célébrer deux Thanksgiving en un, et amasser Noël juste pour une bonne mesure.

Et ça m'a fait penser à beaucoup de choses.

Je pense à ma famille, à la joie d'être ensemble, et à combien trois jours sont trop courts.

Je pense à l'excitation d'un mariage, de voir la famille élargie, et comment nous manquerons les gens qui ne seront pas là.

Je pense au chaos et au coup de fouet des fêtes de prêcher Thanksgiving, assister à un mariage, échanger des cadeaux de Noël et commencer l'Avent le dimanche.

Je pense aussi à la réunion d'administration que nous avons eu lundi soir et à tous les « choses à faire » qui en résulteront qui seront prêts à me rencontrer dès que tout le monde part.

Et je pense à mes amis et paroissiens, dont certains entrent dans la période des Fêtes à cause de nouveaux diagnostics de cancer, d'autres qui sont loin de chez eux dans les centres de traitement, d'autres encore dont la famille se réunira autour d'eux dans un lit de hospice, la distance entre le ciel et la terre devenant moins lointain de jour en jour.

Et tout cela m'a fait penser à un poème que mon Opa (grand-père) a écrit. Nous ne savons pas quand il l'a écrit, juste que c'était probablement quelque temps après sa retraite en 1992. Le poème a été retrouvé par ses enfants le matin de ses funérailles en 2004, dans un livre autopublié de poèmes enterrés dans une boîte dans un placard. Je ne pense pas que l'un d'eux l'ait lu avant

Opa et moi, vers le milieu des années 90.

Et quand je pense à la famille, à l'agilité, aux chagrins et à l'Action de grâces, ce poème n'arrêtait pas de me sauter dans la tête. Mon père, collectionneur d'histoire familiale, a enregistré le poème tel qu'il a été lu par mon oncle aux funérailles. Cela vaut la peine d'écouter, surtout pour la belle collision audible du rire et de la tristesse.

Mon Opa n'aurait pas célébré Thanksgiving en novembre non plus. Mais dans son poème du nom de ce mois, Thanksgiving abonde.

novembre

La route entre

Orangeville et Listowel

tendu devant moi,

sans fin.

Une fine bruine obscurcie

les champs labourés

de chaque côté de la route.

Misérable, insupportable.

carrément mauvais temps.

Rongeant

à la mémoire

des champs baignés de soleil,

un soleil du matin chatoyant

à travers les feuilles d'argent

de bouleaux à côté d'un

heureux lac Ontario.

Mon autoradio n'était pas

de bonne humeur non plus.

Les arrachages de Radio-Canada Toronto

hésité à traverser

le bitume de l'étincelant

route sans fin, j'ai voyagé.

La musique était Wagner,

lourd, précurseur Wagner.

Une voix alto flottant sur un

immense orchestre, gigantesque

la misère du monde.

Un sou pour mes pensées !

Elle n'a encore rien vu !

Ces signaux externes de

misère, a fait des ravages avec

la masse interne de molle

matière grisâtre ondulée

sous mon crâne.

J'ai pensé à papa.

quatre-vingt-cinq, accident vasculaire cérébral,

maison de soins infirmiers, incapable de

communiquer.

Je m'inquiétais pour notre hypothèque.

sur le point d'être renouvelé, marmonné

quelques mots méchants, dans le

direction générale d'Ottawa.

J'ai pensé à...

Alors c'est arrivé !

Le ciel, le ciel, le ciel

a saigné !

Devant moi... Lo et voye,

Palmerston à la lumière du soleil éblouissante !

Comme si sur cueille,

l'émission radiophonique a changé.

Une valse de Vienne soudainement

un - deux - triés à travers

mon van, et je me sentais comme

valser sur la route

en utilisant l'axe médian

comme guide.

En tant que citoyen respectueux des lois

vous ne faites tout simplement pas un

chose comme ça

bien sûr.

J'ai souri.

J'ai ri à haute voix.

Personne ne te voit de toute façon,

sur la route

entre

Orangeville et Listowel.

Imagine,

imaginez ce que le soleil éternel

de la grâce de Dieu

peut faire à nos vies.

-Herman de Jong

Laura de Jong

Laura de Jong serves as pastor of Second Christian Reformed Church in Grand Haven, Michigan.

3 Comments

  • Rowland Van Es says:

    Nice poem. I’m not usually a fan of poetry but your Opa’s hit all the right notes and made me wish I’d known him and glad that you did. Thanks for sharing. We need to be more grateful for everyone in our lives and every good meal we get to share together with friends and/or family these days.

  • Daniel J Meeter says:

    Thanks, I enjoyed this on this American Thanksgiving morning. Just the other night a Manitoban living in the States told me that he likes American Thanksgiving better, because you get a couple days, and there’s all kinds of paradoxical good and bad stuff mixed in with it, while Canadian Thanksgiving feels like just another long-weekend-Monday. That’s just him, but I thought some of you could relate. I do love the image in Opa’s poem of the music changing with the sky, how the externals express the inwards so often while driving two-lanes.

  • Carol Sybenga says:

    Laura, I always look forward to your writings here and was especially moved by what you wrote today. Your Opa’s poem even brought tears to my eyes as I envisioned him on the road that November day. He described it so well….dark and dreary fields and then the sky opening up in brightness…. And I laughed as well because I knew your Opa and could just see him enjoying that moment. He was a great story teller – he was my grade 6 teacher as well as my piano teacher and so I heard plenty of his stories – even remember a few of them 🙂 So thanks for sharing this today and Happy US Thanksgiving to you and your whole family who gather this weekend!!

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